À l’enfant que j’étais… et à celui que j’élève aujourd’hui
Quand j’étais petite, je faisais fréquemment le même rêve: celui d’être assise en tailleur par terre au centre de ma chambre sans meubles où les murs et le plafond se refermaient sur moi. En grandissant, ce rêve s’est peu à peu évaporé, mais pas entièrement. Il a laissé en moi une trace, un souvenir clair d’un sentiment d’étouffement intérieur que je ne savais pas encore nommer.
Quand je replonge dans mes photos d’enfance, je souris toujours en voyant cette petite fille lumineuse, souriante, qui semblait si heureuse. J’ai grandi dans un milieu sain, entourée de mes deux parents, de mon frère et de ma sœur. Mes parents, tous deux travaillant fort et faisant de leur mieux comme la majorité des parents, m’ont offert une enfance stable, douce, aimante.
Derrière ces yeux pétillants et ce sourire innocent, je ressens encore souvent cette timidité de montrer qui je suis réellement. Cette peur de laisser transparaître ma différence, mon authenticité, ma vraie nature au grand jour au risque de ne pas plaire ou de faire l’unanimité. Et pourtant, je sais pertinemment qu’on ne peut pas être aimé de tous et c’est bien correct comme ça!
Cette crainte qui s’est taillé une place à l’intérieur de moi depuis ma tendre enfance, je la perçois aussi chez mon plus vieux. Cette sensation de honte lorsqu’on ne fait pas « comme les autres ». Ce réflexe de se rapetisser pour mieux s’intégrer.
Cette année, j’ai décidé d’offrir aux profs de mes enfants un cadeau de Noël qu’ils auraient confectionné eux-mêmes. Et ce n’est pas seulement une question de budget, mais une question de sens : l’implication, la gratitude, le geste sincère de donner avec le cœur. Comme ancienne enseignante, je me rappelle que ce sont ces présents faits à la main, imparfaits, mais authentiques qui m’émouvaient le plus.
Et puis, ce dernier matin avant les vacances, mon garçon se lève… et son énergie négative balaie en une seconde toute l’ambiance festive qui s’était installée. En le questionnant, j’en comprends la source : il a honte de son cadeau. Honte de ce qu’il offrira, et surtout, peur du regard des autres :
« Ils ont tous de gros cadeaux… des chandelles, des tasses… »
Et le plus douloureux dans tout ça? Je sais EXACTEMENT ce qu’il ressent.
J’aurais pu acheter la paix et refaire comme les autres années : courir les magasins, acheter un cadeau neutre, écrire une carte. Mais j’ai choisi autrement. J’ai choisi de l’accompagner, lui, avec mon expérience de maman… et de petite fille qui a longtemps eu peur d’être différente.
Au fond, c’est ça le vrai cadeau : l’aider à apprivoiser cette petite voix intérieure qui le rapetisse, qui lui fait croire qu’il n’est pas « assez ». L’aider à sentir que ce qu’il crée, ce qu’il offre, ce qu’il est… a de la valeur, justement parce que ça vient de lui.
Et toi, ça t’est arrivé aussi de ressentir cette pression de « faire comme les autres » ou de « faire pour plaire »?
Écris-moi pour me partager ton expérience. Je serais ravie de te lire!